Comment passer son permis en 2 190 jours ? 2/2

le permis ? les voyants sont encore rouges... CC0 pixabay

Règle numéro 4) Les miracles, c’est le lait : contentez vous de prier

 

Je reprends les cours de conduite à l’automne 2016. (Petit résumé : je passe le code en février 2012, conduis un petit peu. Septembre 2013, je suis en Alsace pour dix mois et laisse la conduite. Automne 2014, je retrouve le chemin de l’auto école à Nice. Je recommence à conduire environ une heure tous les 7/10 jours (n’acceptez jamais cela). Je passe l’examen de conduite pour la première fois en août 2014. Échec et pleurs. Septembre 2014 je pars dix mois pour Amsterdam et tant pis pour la conduite, on verra cela plus tard. Septembre 2015 reprise des études, changement de région et compte bancaire amaigri après les dix mois à Amsterdam. (re) Tant pis, la conduite devra patienter encore un an, pas avant septembre 2016 à minima).

Je reprends donc les cours de conduite à l’automne 2016. Bon il y a pas mal à dégrossir, mais je m’accroche et prie. Pour avoir le permis. Sans vraiment prendre conscience que ce n’est pas tant la conduite, ou les connaissances qui posent problème mais plutôt l’attitude en tant que conductrice. Mais je prie pour avoir le permis (et non pas changer de mentalité). Dieu fait des miracles, il suffit de demander ! Après tout, il peut faire que je tombe sur un examinateur ultra gentil et compréhensif. Ou que ce jour là je ne roule que dix minutes sur ligne droite et que oups on oublie de faire la manœuvre. Ou que ce jour là, afin de remplir ses objectifs l’examinateur donne le permis à tout le monde (Combien de fois on m’a raconté cette légende de « tu rates/obtiens ton permis à cause des cotas demandés. Et vu ma situation j’y ai cru /me suis voilée la face sincèrement).

Confidence : De base j’avais peur de conduire. Les premiers cours ont été très très laborieux. Cette peur a laissé place au manque de confiance et à l’inattention. En plus de paniquer lorsque je faisais une petite erreur, je n’avais pas d’esprit d’anticipation et d’analyse de mon environnement. Du coup, quand quelque chose venait me prendre par surprise sans l’avoir vu, et bien j’étais un peu affolée « j’aurai pu avoir un accident/ oh mon Dieu mais j’étais en train de faire quoi à ce moment/ mais je ne pourrai jamais conduire sans moniteur avec moi ». Panique pour des petites choses en fait. Action, réaction chez les êtres normaux. Mais avec moi : action, panique, stresse, que faire ?Réaction mécanique du moniteur (ouf !), réaction verbale du moniteur « C’était rien, il fallait aller un peu plus vite/ Regarde de temps en temps autour de toi » (la honte). L’absence de conduite pendant deux années n’ont pas effacé ce caractère, au contraire.

Au vu de l’imminente péremption de mon code (valable cinq ans si vous n’avez pas été reçu à l’examen de conduite), ma nouvelle auto école me donne une date. Je devais le passer le jour X mais finalement c’est reporté à la semaine suivante : l’examinateur est malade. C’est un signe :ce report c’est la victoire. Second passage à l’examen de conduite, second échec, encore ! Bon c’est vrai, quand je me suis garée j’ai pas fais gaffe au vélo et à la voiture qui circulaient : mais ce n’est pas de ma faute si il se passe trop de choses pendant que je fais ma manœuvre. Il faut être indulgent. Je comprend surtout qu’il y a ce manque d’attention qui me joue des tours. Et je suis trop proche du bord, pas assez réactive.

Mais je suis bénie : j’ai un nouveau passage dans les dix jours qui suivent. C’est un signe le bon (décidément!), cette fois-ci je l’aurais ! J’ai compris mes erreurs, Dieu me donnera la victoire. Troisième échec et bain de larmes. Les nuits courtes, les partiels et le travail universitaire intense ont eu raison de moi. Je cois au Dieu des miracles, au Dieu qui renverse des situations. Mais avec le recul je crois aussi au Dieu de sagesse et au Dieu qui ne va pas te donner le permis avec un corps épuisé et un cerveau qui ne sait plus sa gauche de sa droite et qui n’est toujours pas réactif. Ni magicien, ni Père Noël. C’est un Dieu d’équilibre. Avec le second échec j’avais eu deux/trois leçons en plus. Pas assez pour changer des habitudes solidement ancrées ?

Trois échecs en près de cinq ans. Il faut tout reprendre à zéro, mais pas maintenant. J’ai un stage de trois mois à temps TRÈS plein (8h45-18h30). Imposée, cette pause m’a fait du bien. Je dois tout recommencer. J’établis des priorités : m’impliquer dans mon stage, bien finir l’année scolaire et le mémoire, profiter de l’été pour partir en vacances, me reposer de l’année, recommencer le permis sérieusement...


Le temps passe, toujours pas de permis en vu CC0 pixabay


Règle numéro 5) Fiez vous au doute, il a toujours raison !


Je reprends le chemin de l’auto école en septembre 2017. J’obtiens le code en avril 2018. L’auto école qui connaît mon cas, décide de me faire prendre des cours à la carte : plus économique car j’ai à mon actif près de 60 heures de conduite. Je sais conduire mais il y a un mais, un gros même. Mon soucis c’était le manque d’analyse, d’anticipation, de réactivité qui génère la panique : du coup je me sens pas bien. Bref mes sentiments, mes sensations dominaient sur moi. Je savais conduire mais il suffisait d’une situation et hop « non je suis nulle, ça m’énerve, j’y arrive pas ». Un piéton pas vu, et hop les dix minutes qui suivent sont remplies de doute et ça donne du n’importe quoi.

Alors tu te pointes le jour du quatrième passage, avec le doute de l’avoir, et ce doute devient une certitude. Il suffit d’une situation de 5/10 secondes qui vient balayer l’assurance, l’anticipation, le bon sens que tu avais : merci le doute. Alors oui, le doute peut parfois être un bon indicateur mais dans le cas de la conduite il doit être rayé. C’est vous qui maîtrisez la conduite et non pas le contraire. Ce ne sont pas vos émotions qui doivent vous diriger ou influencer sur votre conduite. À vous de prendre autorité. Vous l’avez deviné, j’ai échoué à ce quatrième passage. Pas de bain de larmes, de colère ou que ce soit. J’ai alors compris un principe spirituel essentiel à activer quand tu as Jésus-Christ dans ta vie...

Il faut prendre position. Même si tu stresses et trembles, tu refuses en proclamant dans ta tête. Tu sais ce que tu vaux : tu sais conduire. Si près du but, celui que j’appelle l’ennemie veut te faire abandonner, baisser les bras. Refuse cette mentalité. Parfois nous les chrétiens prions que Dieu nous fasse grâce, qu’il intervienne dans telle situation, qu’un truc tombe du ciel etc. Mais nous avons notre part à faire. Si Dieu a tout pouvoir, comme celui de renverser les forteresses mentales qui bloquent certaines situations en un instant, c’est de notre part que d’en prendre conscience et de les refuser. La passivité n’existe pas avec Dieu.

Pour résumer, lors de mon 5e passage (!) j’avais prié en amont, je me disais dans ma tête et à voix haute que je refusais que le stress et le doute conduisent avec moi. Que peu importe ce qui se passe, la victoire est avec moi. Une fois dans la voiture, le stress m’envahit. Ma jambe tremble un peu. Mais je prie dans ma tête. Je conduis, je sens que le stress ne veut pas partir, je prie dans ma tête sans relâche que j’aurai la victoire, que je chasse le stress au nom de Jésus. Au bout de dix minutes je finis par être plus détendue. Mais j’ai fais quelques fautes. « Vous aurez les résultats sous 48 heures »Merci, au revoir monsieur l’examinateur. Verdict ? Fin de l’article.



Règle numéro 6) L’argent c’est de l’eau

Un motif qui convainc les gens normalement constitués pour en finir avec le permis, c’est l’argent. Mon problème c’est que j’étais en mode « je prendrais autant de cours qu’il faudra » et que dans les périodes où j’étais décidée à suivre les cours, et bien j’avais de l’argent. Même si je me disais « il ne faut pas financer les vacances aux Maldives du moniteur de conduite » il y a toujours ce truc « bon ma conduite est pas top, continuons à prendre des cours ». J’avais cette mentalité basée sur le fait que l’argent achète tout, l’argent a réponse à tout. Pas assez bien au volant ? Pas grave, j’agrandirai mon budget initial….

Oui, je me faisais un peu violence mais je me disais qu’au prochain cours ça ira mieux. Non Jaymes, pas le prochain cours, celui-ci ! D’ailleurs l’argent n’est pas nécessairement une solution. Vous pouvez conduire gratuitement avec un proche (je pense que c’est le mieux). Ensuite il y a les points énoncés précédemment : établir des priorités, prendre confiance en soi et se remettre en question quand nécessaire, refuser le doute, prendre position sur ses raisonnement… Qui peut monnayer une mentalité de vainqueur ?



le permis, enfin dans la poche ! CC0 pixabay
Une attitude de vainqueur qui a obtenu 24/31 : j’ai même eu le point de courtoisie ! Moi, pour qui les piétons étaient invisibles. Oui j’ai obtenu mon permis au bout de six années en dents de scie, avec 70 heures au bas mot, au bout de la cinquième tentative. Un comble pour moi qui raillais ceux qui étaient dans leurs auto école depuis 2 ans. J’ai passé 5 fois mon permis. Rien que de le dire je n’arrive pas à y croire… Mais je ne regrette pas. J’ai appris énormément : ma relation avec Dieu, l’attitude du conducteur et les autres usagers de la route, conduire avec mon père. Je ne dis pas que je recommencerai l’aventure une seconde fois mais c’est sans regret, ni remord. Par ailleurs, j’ai vraiment eu la grâce que ma seconde auto-école soit constituée de personnes bienveillantes.


Je stoppe le tralala ici et résume cet article avec ce verset dans le livre des Proverbes chapitre 3 verset 5 «Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse ».


Jaymes.

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